création aux Rencontres de Huy 2006

Je m’'appelle Ben. Je vis dans une famille de 5 personnes, mon père
Armand , ma mère Isabelle, mon frère Charles et ma soeur Delphine.
C’'est moi le plus jeune de la famille.
On dit que notre arrière arrière arrière arrière
et encore arrière-grand-père était le dernier géant
Gogmagog, et Gogmagog, c’est notre nom de famille ...
Equipe de création
Auteur: Benoît de LEU de CECIL.
Mise en scène: Marie-Odile DUPUIS.
Scénographie, costumes et création des images: Jean-Claude
DE BEMELS.
Réalisation des décors et costumes : Catherine VERSE, Saïd
ABITAR, François DE MYTTENAERE, Alfonso CARLETTA et toute l’équipe
des 4 Mains.
Musiques originales: Jean KITO.
Régie: Fr. DE MYTTENAERE et A. CARLETTA.
Comédiens: Benoît de LEU de CECIL, Maud LEFEBVRE, Leila PUTCUYPS,
Laetitia SALSANO, Marc WEISS.
La presse
Des géants, des dragons, des gitans,…
La libre Belgique, 21/08/2006.
Laurence Bertels
Oui, chaque enfant est unique et trouve différemment sa place au
sein de la fratrie. L’un domine, l’autre est jaloux, le dernier
trinque. Puis chacun devient parent à son tour, oubliant son passé
et les souffrances de sa descendance, laquelle croit-il, est élevée
dans l’égalité. Dans la famille des Gogmagog, dont l’arrière
grand-père était un géant, Ben se sent trop petit.
Et mal aimé.
Accaparant sans cesse sa mère, il croit ne pas répondre aux
attentes de son père. Bourru et fantasque, dans l’action plus
que dans la réflexion, celui-ci semble immense aux yeux de Ben. Alors
le cadet se console auprès de son doudou dragon. Il se confie à
lui, écoute ses conseils, lui donne un pouvoir grandissant. Dans
la nuit, le dragon confirme les angoisses de Ben, lui assure que sa famille
ne l’aime pas et le pousse à la révolte. Jusqu’à
la déraison.
Spécialisé en marionnettes, le théâtre des 4
mains a, pour une fois, replié son castelet et lâché
ses comédiens sur scène. Dommage pour le genre mais salutaire
pour l’équipe qui a suivi son envie, avec succès. Peu
avare en effets spéciaux, elle donne au dragon tout loisir de grandir,
de surprendre, d’effrayer voire de traverser la scène enfourché
par son fidèle compagnon. Jubilatoire.
Comme la moto pétaradante du père peu ordinaire qui sillonnera
le plateau dans un épais nuage de fumée. Le tout ponctué
d’images vidéo offrant une forme artistique fouillée.
Ici, on ne dit pas aux enfants de rêver, on les emporte dans l’imaginaire
et l’on reste proche de leur ressenti grâce à une fine
observation des détails de la vie quotidienne. C’est savoureux,
malgré de rares longueurs.
Petit géant deviendra grand
« Les Gogmagog » du théâtre des 4 mains, ou
le passage de l’enfance à l’adolescence au sein d’une
famille de géants.
Vers l’avenir, 24/08/2006.
André Gyre
D’emblée on peut dire que les Gogmagog font preuve de la même
surprenante créativité que celle des autres spectacles nés
au théâtre des 4 Mains, depuis la création de ce théâtre
en 1982.
« Les Gogmagog » recèlent nombre de trouvailles novatrices
à l’instar des succès précédents . Dès
lors, on ne peut que souhaiter au nouveau spectacle de connaître quelques
centaines de représentations comme les précédents.
Mais laissons le soin au personnage principal des « Gogmagog »
d’introduire le spectacle :
« Je m’appelle Ben, je vis dans une famille de 5 personnes :
mon père Armand, ma mère Isabelle, mon frère Charles
et ma sœur delphine. C’est moi le plus jeune de la famille .
On dit que notre arrière arrière arrière et encore
arrière grand-père était le dernier géant Gogmagog,
et Gogmagog, c’est notre nom de famille… »
Au fil des scènes, on s’identifie rapidement à Ben,
à sa recherche d’affection auprès de sa mère,
à ses craintes face à un frère et une sœur pas
très gentils avec lui, à son désir de bien faire face
à un père trop souvent absent et trop excessif, trop inaccessible,
pour un petit garçon désireux de se faire valoir mais souvent
trop timoré pour s’affirmer. Ben est fier d’appartenir
à une famille de géants mais au fond de lui-même, il
se demande s’il en est digne et s’il en sera capable…